Grès raconte le parcours d’un homme, vigile, inclus dans le paysage des zones commerciales et des supermarchés. Cet homme de l’ombre va progressivement prendre conscience de son appartenance à un groupe : ceux qui comptent chaque sou dépensé, chaque jour les séparant des prochaines vacances ; ceux qui s’effondrent de fatigue devant la télé, tremblent à l’idée de perdre leur emploi, se déplacent en voiture et ont le sentiment d’être toujours « en périphérie ».Grès est le récit d’une voix. Celle-ci se raconte, nous raconte, sa trajectoire, de son travail, à sa voiture, les ronds-points, la nationale, la maison, les repas avec sa moitié et ses enfants... Grès est l’histoire d’une tentative de sédimentation, de tous ces petits bouts d’incompréhension, de rage sourde, qui forment à l’intérieur de l’estomac une pierre dure et solide. Grès est l’histoire de cette pierre. De cette pierre sortie du ventre du ressentiment.